( Extrait du livre : Nouvelle terre: L’avènement de la conscience humaine. Page 9-10-11)
La Première Guerre mondiale éclata en 1914. Comme toutes les guerres s’étant produites dans l’humanité, elle fut destructrice, cruelle, motivée par la peur, la cupidité et la soif de pouvoir. Dans un autre ordre d’idée, l’esclavage, la torture et la violence généralisée ont toujours été infligés par les humains à d’autres humains au nom de la religion et de l’idéologie. Les humains ont toujours plus souffert à cause d’autres humains qu’à cause de catastrophes naturelles. En 1914, l’esprit humain hautement intelligent avait non seulement inventé le moteur à combustion interne, mais également les tanks, les bombes, les mitraillettes, les sous-marins, les lance-flammes et les gaz toxiques. L’intelligence mise au service de la folie, quoi! Dans la guerre des tranchées qui eut lieu en France et en Belgique, des millions d’hommes périrent pour gagner quelques kilomètres de boue seulement. À la fin de la guerre, en 1918, les survivants jetèrent un regard horrifié et incrédule sur la dévastation laissée par ce conflit : dix millions d’êtres humains tués et un nombre encore plus grand de personnes estropiées, mutilées ou défigurées. Jamais auparavant la folie humaine n’avait été aussi destructrice, aussi tangiblement visible. Ces survivants étaient loin de se douter que ce n’était que le début.
À la fin du XXe siècle, le nombre de personnes tuées violemment par d’autres humains a dépassé les cent millions. Ces personnes sont non seulement mortes dans des guerres entre nations mais aussi dans de grands génocides et exterminations : meurtre de 20 millions « d’ennemis de la classe, d’espions et de traîtres » en URSS sous le régime de Staline ou horreurs indicibles de l’holocauste de l’Allemagne nazie. Ces personnes sont également mortes dans d’innombrables petits conflits internes tels la Guerre civile d’Espagne ou le régime des Khmers rouges au Cambodge. Dans ce dernier pays, le quart de la population fut assassinée.
Il nous suffit de regarder les nouvelles à la télévision pour réaliser que la folie n’a pas diminué, qu’elle se perpétue effectivement au XXI e siècle. La violence sans précédent infligée aux autres formes de vie et à la planète est un autre aspect du dysfonctionnement collectif de l’esprit humain, comme la destruction des forêts qui produisent de l’oxygène, celle des plantes et des animaux, les mauvais traitements infligés aux animaux de ferme, l’empoisonnement des rivières, des océans et de l’air. Poussés par la cupidité et inconscients du fait qu’ils sont reliés au tout, les humains continuent d’adopter un comportement qui, à la longue, ne peut se solder que par leur propre destruction.
Les manifestations collectives de la folie propre à la condition humaine constituent en grande partie l’histoire de l’humanité. Dans une grande mesure, c’est l’histoire de la folie. Si l’histoire de l’humanité concernait les cas cliniques individuels d’êtres humains, les diagnostics se liraient comme suit : illusions paranoïaques chroniques, propension pathologique au meurtre, actes d’extrême violence et cruauté envers ses soi-disant ennemis. Ici, l’inconscience propre est projetée vers l’extérieur. Donc, folie criminelle avec quelques éclaircies de lucidité.
La peur, la cupidité et la soif de pouvoir sont les forces de motivation psychologique à l’œuvre non seulement dans les conflits et les violences entre nations, tribus, religions et idéologies, mais également dans les incessants conflits entre personnes. Ces émotions de peur, de cupidité et de violence amènent une distorsion de la perception que vous avez des humains et de vous-même. Elles créent un filtre à travers lequel vous interprétez mal chaque situation. Ce qui vous amène à agir de façon mal avisée tout simplement pour vous débarrasser de la peur et pour satisfaire votre besoin d’avoir toujours plus, de combler un trou sans fond qui ne peut en fait jamais l’être.
Il est cependant important de comprendre que la peur, la cupidité et la soif de pouvoir ne constituent pas le dysfonctionnement dont il est question ici, mais qu’elles sont engendrées par ce dysfonctionnement. Ce dernier est une illusion collective profondément ancrée dans l’esprit de chaque être humain. Même si un certain nombre d’enseignements spirituels nous disent de lâcher la peur et le désir, dans la pratique, cela ne fonctionne généralement pas. Pourquoi ? Parce que ces enseignements n’ont pas atteint la racine du dysfonctionnement. La peur, la cupidité et la soif de pouvoir n’en sont pas les facteurs causaux ultimes. Il est tout à fait louable et noble de vouloir devenir une bonne ou une meilleure personne. Cependant, on ne peut réussir dans cette démarche que s’il y a un basculement dans la conscience. À vrai dire, le fait de vouloir devenir meilleur appartient encore au même dysfonctionnement, sous une forme plus subtile d’amélioration personnelle, de désir de plus et de renforcement de l’identité, de renforcement de l’image personnelle. On ne devient pas bon en essayant d’être bon, mais en trouvant la bonté qui est déjà en soi et en lui permettant de s’exprimer. Mais celle-ci ne peut émerger que si des changements fondamentaux se produisent dans l’état de conscience.
L’histoire du communisme, idéologie inspirée à l’origine par de nobles idéaux, illustre parfaitement ce qui se produit lorsque les gens essayent de changer la réalité extérieure – créer une nouvelle Terre – sans avoir auparavant changé leur réalité intérieure, c’est-à-dire leur état de conscience. Ils tracent des plans sans tenir compte de l’engramme de dysfonctionnement porté par chaque être humain, sans tenir compte de l’ego.
( Extrait du livre : Nouvelle terre: L’avènement de la conscience humaine.)