Trois moines se promènent dans le jardin. L’un d’eux apercevant un escargot, s’apprête à l’écraser quand le second moine le retient.

– Attention, tu as failli écraser cet escargot, lui dit-il.
– Oui, je sais, je l’ai fait exprès.
– Mais pourquoi vouloir tuer cet escargot ?
– C’est un nuisible. Il mange les salades que notre frère jardinier essaye de faire pousser. Il se donne beaucoup de mal pour soigner le jardin et ainsi nous offrir une nourriture abondante et saine.

– Mais cet escargot fait partie de ce monde. Il a droit de vie tout comme l’oiseau qui picore les graines, ou le renard qui chasse les poules !

Voyant que leur point de vue divergeait complètement, ils se tournèrent vers le troisième moine, qui avait gardé le silence, et observait la discussion.

– Qu’en penses-tu, toi ? Lui dirent-ils en cœur.

Le troisième moine réfléchissait à une réponse à donner, mais pour lui, l’un comme l’autre avaient de bons arguments.

– Je pense que nous devrions aller voir le Grand Maître. Dans son infinie sagesse, il trouvera qui de vous deux a raison.

Les deux autres moines acquiescèrent, et ils partirent de ce pas voir le Grand Maître.

– Grand Maître, dit le troisième moine, mes amis ont un différent, et je ne peux trouver lequel des deux à raison.
– Et bien, dit le Grand Maître, racontez moi ça.

– J’ai voulu écraser un escargot dans le jardin. C’est un nuisible qui mange les salades que notre frère jardinier essaye de faire pousser. Il travaille dur au jardin, et cet escargot détruit le fruit de ce dur labeur, dit le premier moine.

– Oui, tu as raison, dit le Grand Maître.
– Mais cet escargot a le droit de vivre, et s’il mange des salades, c’est qu’il les trouve à son goût. Ainsi est faite la nature !
– Oui, tu as raison, dit le Grand Maître.

Le troisième moine pris la parole et dit :

– Mais Grand Maître, vous donnez raison à mes deux amis alors que leurs points de vue sont diamétralement opposés ! Si l’un a raison, l’autre a forcément tort !

Et le Grand Maître lui répondit :
– Oui, tu as raison.

Souvent nous voulons avoir tellement raison et avoir “la vérité” absolue que nous en gâchons nos relations ainsi que notre propre état émotionnel.